Mélanger réalisme et dot-painting

Publié le par rouzic-aborigeneries

005 La culture du feu

C'est un peu ma manière depuis quelques mois de mieux exprimer les histoires du monde Aborigène dans mes tableaux.

Pour illustrer mon propos, j'ai pris "La culture du feu" que j'aurai dû appeler "culture du brûlis" pour être plus précis.

A droite la partie réaliste, un Aborigène surveille le feu et guette les animaux qui s'enfuient et vont se retrouver encerclés par un groupe de chasseurs. Ce brûlis est déclenché quand un territoire commence à s'appauvrir en nourriture, avant de quitter ce lieu pour aller ailleurs (ils sont chasseurs cueilleurs pêcheurs...et nomades). Ces feux permettront la regénération du sol, de la flore et de la faune, pour de futurs retours de ces familles. Avant de partir c'est donc la fête, de grands repas s'annoncent et ils pourront repartir avec des provisions de viandes leurs permettant de faire de longs trajets vers des territoires qu'ils ont déjà occupés. Dans la fumée on apperçoit vaguement des silhouettes de kangourou, dingo, emeu, goana.

Tout le reste est de la dot-painting. Les Aborigènes du centre de l'Australie ne représentent les animaux et le monde que vus d'en haut, les animaux seront donc représentés par leurs empreintes, les humains souvent par la lettre U, symbolisant un homme (ou une femme) vu du dessus, et parfois par les empreintes des pieds. Les 3/4 du tableau sont en fait une vue de dessus d'un grand territoire où plusieurs familles vivent en parfaite harmonie. Les chemins  sont en fait plus importants que le territoire, ils sont tout à la fois, pistes, chants, histoire de leur peuple...

Les cercles sont à significations multiples :trou d'eau, groupe d'habitants, lieu de corroboree, lieu d'initiation...

Ici, ces 5 cercles représentent autant de groupes familiaux, la notion de distance n'est pas signifiée. Ce que l'on peut voir sur le tableau réel ne l'est peut-être pas ici(ou alors avec une loupe!), c'est que pour une fois le brûlis n'est pas sous contrôle à cet instant. Dans le cercle du bas à droite, les Aborigènes probablement inquiets sont orientés vers le feu, puis s'enfuient en courant d'abord, puis en marchant, pour retrouver leurs voisins et attendre que tout se calme. Dans le cercle du haut à droite, même inquiétude et même réaction, fuite en courant avec les enfants portés dans les bras ou sur le dos, puis en marchant on repose alors les enfants sur le chemin qui les conduit en un lieu plus sûr!

Fin de l'histoire? Je vous la laisse, mais on peut supposer que tout se terminera bien, avec un grand repas, des chants, du didgéridoo, des danses...et quelques jours après, avec leurs provisions de nourriture ils partiront à la recherche d'un autre territoire où ils pourront passer quelques mois, à vivre comme il y a si longtemps...

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